Uber est parti de 1 000 personnes. Aujourd'hui, ChatGPT Work est déployé auprès de plus de 30 000 de ses employés, ce qui, selon OpenAI, en fait le « premier déploiement à l'échelle de l'entreprise d'une plateforme agentique conçue pour le travail de la connaissance ». Quelques jours plus tard, Oracle a annoncé 130 000 utilisateurs actifs de ChatGPT et construit son propre AI Workspace dans le produit. Les deux histoires emploient les mêmes deux mots, et presque personne n'explique ce qu'ils recouvrent.
Nous avons lu les pages produit, le centre d'aide et les notes de version d'OpenAI pour le savoir. Le résultat est curieux : ChatGPT Work n'est pas un forfait, et on ne peut pas l'acheter seul. C'est un mode de ChatGPT inclus dans chaque forfait, en quantités très variables. Cela change la façon dont un acheteur IT doit le chiffrer.
Ce n'est pas un forfait que l'on achète
La page ChatGPT Work d'OpenAI le décrit comme un moyen de « transformer des notes éparses, des brouillons et des idées en travail abouti » à partir du contexte des outils de votre équipe. Vous lui donnez un objectif, il rassemble la matière, établit un plan et vous sollicite quand un arbitrage s'impose. Le résultat : une présentation, un tableur, un rapport, un site interactif. Selon la page, il est disponible sur ordinateur dans tous les forfaits, et sur le web et mobile pour Plus, Pro, Business, Enterprise et Edu.
Le forfait Free en dispose donc aussi, avec un accès « limité » dans l'application de bureau uniquement, d'après la page des tarifs. L'offre Go, moins chère, affiche le même accès limité sur ordinateur. Plus offre un « accès étendu » sur ordinateur, web et mobile. Pro ajoute des sessions Work et Codex plus longues. Le nom prête à confusion : Business et Enterprise sont les forfaits que les entreprises voient comme « ceux du travail », alors que la fonction démarre à zéro dollar.
Ce qu'ajoutent les forfaits professionnels, c'est l'enveloppe : contexte partagé, contrôles d'administration, facture unique et limites d'usage plus larges. C'est cette enveloppe que l'IT achète réellement.
Ce qu'il y a dans la boîte
Work s'appuie sur quelques briques que la page produit présente comme un seul ensemble. Les plugins le connectent à vos outils (OpenAI en annonce plus de 1 400). Un navigateur intégré à l'application de bureau lui permet de travailler sur plusieurs onglets et comptes. Le mode Plan vous montre les étapes avant le lancement. Space et Sites hébergent les pages partagées et les tableaux de bord en direct. Les tâches d'équipe exécutent un travail récurrent, comme un rapport hebdomadaire, selon un calendrier, avec des outils approuvés par votre admin.

Codex, l'agent de code d'OpenAI, se place à côté de Work plutôt qu'à l'intérieur. Selon l'annonce d'Uber, ses ingénieurs continueront d'utiliser Codex pour le logiciel, tandis que tous les autres auront Work. Sur les licences Business, les deux sont inclus dans la même licence, ce que nous apprécions : développeurs et équipe finance relèvent d'une seule facture.
Les nouveaux modèles n'arrivent pas toujours d'abord dans le chat classique. GPT-6.1 Terra est « en cours de déploiement dans ChatGPT Work et Codex », d'après les notes de version de Business, qui précisent qu'il est « disponible dans Work et Codex, pas dans Chat ». Terra ne prend pas non plus en charge la résidence d'inférence aux Émirats arabes unis. Si votre politique s'intéresse à l'endroit où tourne l'inférence, lisez cette ligne avant d'activer le modèle.
Paiement par carte ou par contrat : le prix, c'est la licence
Voici comment la même fonction est vendue. Free, Plus et Pro sont des abonnements individuels payés par carte. Business est en libre-service pour les équipes et exige au moins deux licences. Enterprise est un contrat commercial. (Edu suit le modèle Enterprise, avec sa propre grille tarifaire, et Go se situe entre Free et Plus avec le même accès Work limité que Free.)

Les chiffres de Business viennent directement de la présentation Business d'OpenAI. Une licence Standard coûte 25 $ par utilisateur et par mois en facturation mensuelle, ou 20 $ en facturation annuelle, et inclut ChatGPT, Work et Codex. Une licence Premium coûte 125 $ par mois ou 100 $ par an, avec 5 fois plus d'usage que Standard, sans limite de cinq heures, et donne accès aux dots, les agents toujours actifs, que la page Business d'OpenAI dit réserver aux utilisateurs Premium dans les marchés éligibles. Vous pouvez mélanger les types de licences dans un même espace de travail et les réattribuer. ChatGPT Team a été renommé Business en 2025, au cas où un ancien contrat parlerait encore de Team.
C'est au-delà des limites incluses que la facture devient moins lisible. Les espaces Business peuvent acheter des crédits, mutualisés à l'échelle de l'espace et valables 12 mois ; les utilisateurs à court de crédits sont bloqués jusqu'à ce qu'un propriétaire en ajoute, selon l'article d'OpenAI sur la tarification flexible. Enterprise fonctionne à l'inverse. Dans les accords à crédits, l'espace achète une réserve de crédits partagée au niveau du contrat, « il n'y a pas de plafond d'usage par licence par défaut », et les admins fixent des limites de dépenses par groupe grâce au contrôle d'accès basé sur les rôles. Les licences ajoutées sont généralement régularisées lors de bilans trimestriels. OpenAI ne publie pas de prix Enterprise, et nous n'en inventerons pas.
Ce que personne ne publie, c'est la quantité de travail que couvre une licence Standard. La page des tarifs parle d'accès « étendu » et « limité » sans jamais donner de nombre de tâches. Nous traiterions le premier mois de tout pilote comme une mesure de votre propre usage, pas comme une vérification de fonctionnalités.
Ce qu'ont acheté Uber et Oracle
Les deux annonces se ressemblent sans être identiques. Celle d'Uber est un déploiement à l'échelle de l'entreprise dans ChatGPT Enterprise. Celle d'Oracle est un partenariat à trois niveaux distincts.
Selon l'article d'Uber, Work se connecte à Google Drive, Gmail, Google Calendar et Slack, avec GPT-6.1 Sol comme modèle par défaut, « un équilibre entre performance de pointe et rentabilité ». L'entreprise accompagne le déploiement d'une bibliothèque interne de compétences, d'intégrations approuvées et de formations. Son CTO, Praveen Neppalli Naga, a déclaré : « Déployer ChatGPT Work dans toute l'entreprise est une étape enthousiasmante vers cette ambition, et j'ai hâte de voir ce que nos équipes vont construire avec. » Remarquez ce que l'annonce ne contient pas : un résultat. OpenAI indique que les entreprises « prévoient de partager davantage d'enseignements sur l'adoption, les cas d'usage et les résultats mesurables au fil du déploiement ».
L'annonce d'Oracle contient des chiffres, issus des propres relevés d'Oracle : 130 000 utilisateurs actifs de ChatGPT et plus de 95 000 utilisateurs actifs de Codex. Son équipe de recrutement utilise Work pour des études de marché qui demandaient auparavant deux à quatre jours de compilation ; la préparation tombe désormais à 15 à 20 minutes. Le mouvement le plus important est Oracle AI Workspace, encore en développement, qui vise à placer les applications de finance, d'achats et de planification d'Oracle dans ChatGPT, « régies par les autorisations et les validations de chaque organisation ». Oracle vend aussi ces briques via sa marketplace aux clients américains, avec les « processus d'achat existants et les Oracle Universal Credits éligibles ».
La formule la plus tranchante vient de Mahesh Thiagarajan, président de l'infrastructure cloud d'Oracle, qui a déclaré à CNBC qu'utiliser ChatGPT « permet à n'importe qui de construire une application, de la déployer, de la gérer ». Greg Brockman, président d'OpenAI, a affirmé dans le communiqué qu'OpenAI facilite « la mise au travail de l'IA grâce aux outils et systèmes qu'ils utilisent déjà ». Ce sont deux voix de fournisseurs, et l'article de CNBC ne cite ni client indépendant ni analyste pour dire si tout cela fonctionne. Nous n'en avons pas trouvé dans la couverture que nous avons pu ouvrir.
La checklist IT, y compris ce qui est livré désactivé
Commençons par les données, car elles tranchent la plupart des débats d'achat. La page de confidentialité entreprise d'OpenAI indique que l'entreprise n'entraîne pas ses modèles sur les données professionnelles par défaut, que les données de Business, Enterprise et Edu sont couvertes par un audit SOC 2 Type 2, et qu'elle signe un avenant de traitement des données (DPA) pour le RGPD. Les applications connectées respectent vos permissions existantes, et chaque utilisateur s'authentifie lui-même auprès de chaque application.
Regardez ensuite l'écart entre Business et Enterprise, car la page Business d'OpenAI le détaille : le provisionnement SCIM, le contrôle d'accès basé sur les rôles et la résidence des données relèvent tous de « contactez les ventes ». Sur Enterprise, les admins disposent aussi d'un journal d'audit des conversations via la Compliance API et contrôlent la rétention. Sur Business, les admins peuvent consulter, exporter et supprimer les conversations des membres. La facturation sur facture, les bons de commande et la rétention zéro des données ne sont disponibles que par contrat.
Les notes de version de Business montrent une logique plutôt rassurante. Plusieurs des connexions les plus risquées arrivent désactivées par défaut. Autoriser Sites à utiliser les applications connectées des membres est un réglage que les admins doivent activer plugin par plugin. Les nouveaux contrôles d'accès externe sont désactivés au départ. Les admins peuvent gérer jusqu'à 25 plugins à la fois depuis la console.
Le piège est plus discret. Les notes de version de Business indiquent qu'OpenAI prévoit de retirer les GPTs personnalisés de tous les forfaits ChatGPT et de proposer une voie de migration vers les plugins, et elles invitent les équipes à passer dès maintenant en revue leurs GPTs, leurs créateurs et leurs utilisateurs. Si vous avez constitué une bibliothèque de GPTs internes, cette migration est à votre charge, et les notes que nous avons lues ne donnent aucune date de retrait. Associez-y un règlement écrit avant que les gens ne connectent des outils. Notre modèle de politique d'usage de l'IA est un bon point de départ.
Face à Copilot et Gemini
Les trois éditeurs vendent désormais un agent intégré aux outils que vous utilisez déjà, et ils se distinguent surtout par l'endroit où vivent ces outils. La page des tarifs de Copilot de Microsoft affiche Microsoft 365 Business Standard avec Copilot à 23,50 $ par utilisateur et par mois en facturation annuelle, et Business Premium avec Copilot à 32 $. Le module complémentaire Copilot pour les forfaits Microsoft 365 existants est listé à 18 $, contre 21 $ auparavant. Il inclut des agents, l'accès à « Cowork, Autopilot et aux expériences d'IA avancées », et une note précisant que certaines fonctions avancées sont facturées à l'usage.
Lisez ce graphique avec prudence : les 100 $ de Premium achètent cinq fois plus d'usage, pas un produit différent. Une licence ChatGPT à 20 $ n'inclut ni Word, ni Excel, ni Outlook. La licence Microsoft à 23,50 $, si, car c'est une suite bureautique complète avec Copilot intégré. Pour comparer équitablement, il faut mettre le module Copilot face à une licence ChatGPT ajoutée à ce que vous payez déjà à Microsoft, et les deux coûtent presque la même chose. Nous pencherions pour Microsoft 365 Copilot quand le travail se passe dans Outlook et Teams, et pour ChatGPT Work quand il doit traverser plusieurs outils.
Google est la troisième option. Sa page de tarifs Workspace liste un assistant Gemini dans Gmail pour Business Starter, et Gemini dans Gmail, Docs et Meet plus Gemini Notebook pour Business Standard. Nous ne citons pas ses prix ici, car la page que nous avons ouverte affichait une devise régionale et des promotions. Notre analyse des coûts Copilot contre Gemini couvre ce duel, et la comparaison des trois assistants traite de la qualité des modèles.
Il y a aussi Claude Cowork d'Anthropic, le rival direct le plus proche de Work, que nous mettrions sur toute short-list.
Et il y a un point de gouvernance. Les agents de l'État suédois ne peuvent plus utiliser les versions navigateur de ChatGPT ou de Claude sur leurs ordinateurs professionnels, a rapporté Euronews. Un examen de l'usage de l'IA à l'Administration suédoise des transports avait relevé des usages « problématiques », et les responsables craignaient que des données sensibles saisies sans accord de protection puissent être stockées et servir à l'entraînement. Mikael Wettercrantz, des services du gouvernement, a déclaré que des outils non encadrés, ou shadow IT, pouvaient avoir des « conséquences pour notre sécurité de l'information ». Copilot est l'alternative recommandée, car il a passé un contrôle de sécurité et relève d'un accord entre Microsoft et le gouvernement. Un nombre limité d'agents peut encore utiliser ChatGPT et Claude, mais uniquement via une plateforme construite par les autorités suédoises. C'est l'achat public qui désigne le gagnant avant même que la comparaison des fonctions ne commence.
Qui nous ferions migrer, et qui devrait attendre
Nous migrerions en premier si vous utilisez Google Workspace et un patchwork d'autres outils. Le déploiement d'Uber en donne le schéma : Drive, Gmail, Calendar et Slack alimentant un seul agent. Gemini couvre les applications Google, et ce sont les plugins qui atteignent le reste. Commencez avec des licences Standard pour un groupe pilote, et ne passez à Premium que pour les quelques personnes qui atteignent les limites.
Nous migrerions aussi si ingénieurs et non-ingénieurs doivent partager un budget. Une seule licence couvrant Work et Codex fait une discussion plus simple avec la finance que deux fournisseurs. Pour le versant terminal, consultez notre comparatif des agents de code.
Les entreprises Microsoft qui ont déjà un accord de sécurité en poche devraient attendre. Copilot est déjà dans les applications et la paperasse est faite. Lancez un petit pilote ChatGPT en parallèle si vous le souhaitez, mais nous ne standardiserions pas.
Premium est facile à ignorer. À 100 $ par mois en facturation annuelle, il coûte cinq fois une licence Standard : n'en achetez que pour les personnes qui ont déjà atteint une limite Standard.
Si vous avez besoin de SCIM, du contrôle d'accès par rôles ou de la résidence des données, prévoyez Enterprise dès le départ. Business est un bon véhicule de pilote, mais Enterprise est un contrat commercial à part, et OpenAI ne publie pas son prix.
Quel que soit votre choix, offrez à vos équipes une première semaine qui ne soit pas un cours magistral. Notre plan d'intégration jour par jour est conçu pour cela. Pour un précédent déploiement de ChatGPT Enterprise à l'échelle d'une entreprise, voir l'étude de cas mixi, et parcourez tous les classements ToolRank des assistants et agents que nous évaluons.
Questions fréquentes
ChatGPT Work est-il un produit distinct à acheter ?
Non. OpenAI l'inclut dans chaque forfait ChatGPT, avec un accès limité sur ordinateur pour Free et un accès plus complet dans les forfaits payants. Les licences Business Standard et Premium incluent à la fois Work et Codex.
Combien coûte ChatGPT Business ?
Les licences Standard coûtent 25 $ par utilisateur et par mois en facturation mensuelle, ou 20 $ en facturation annuelle. Les licences Premium coûtent 125 $ par mois ou 100 $ par an. Un espace de travail exige au moins deux licences, et l'usage supplémentaire s'achète sous forme de crédits.
OpenAI entraîne-t-elle ses modèles sur les données de notre entreprise ?
Par défaut, non. OpenAI indique ne pas entraîner ses modèles sur les données professionnelles de Business, Enterprise et Edu, sauf si vous choisissez explicitement de les partager. Vérifiez votre contrat et les paramètres de votre espace avant de vous y fier.
ChatGPT Work se connecte-t-il à Google Drive et à Slack ?
Oui. Le déploiement d'Uber utilise Google Drive, Gmail, Google Calendar et Slack. Les admins décident quels plugins sont disponibles dans l'espace de travail, et chaque utilisateur se connecte lui-même à chaque application.
Quand choisir Enterprise plutôt que Business ?
Quand vous avez besoin de SCIM, du contrôle d'accès basé sur les rôles ou de la résidence des données, ou quand la facturation sur facture, les bons de commande et la rétention zéro des données sont des exigences d'achat. OpenAI présente ces options comme relevant des ventes.